Hélène-Boucher : avant de fermer une école, étudions toutes les solutions
La fermeture de l’école Hélène-Boucher à la rentrée 2027 a été annoncée aux parents et aux directions d’école. Nous soutenons la demande des familles : avant une décision aussi lourde et durable, toutes les solutions doivent être étudiées, chiffres à l’appui.
Notre position est claire : nous ne nions pas la baisse des effectifs scolaires à Colomiers. Elle est réelle et elle oblige nécessairement à adapter l’organisation de nos écoles.
Mais constater une baisse démographique ne suffit pas à démontrer qu’il faut fermer Hélène-Boucher.
Aujourd’hui, 245 élèves sont encore scolarisés dans cette école, en maternelle et en élémentaire. La fermeture d’un groupe scolaire aurait des conséquences durables sur les enfants, les familles, le quartier, les déplacements et l’ensemble de la carte scolaire columérine.
Une telle décision mérite donc autre chose qu’un scénario unique.
Une fermeture annoncée avant le débat avec les élus
C’est aussi la méthode qui nous interroge.
La fermeture d’Hélène-Boucher a été annoncée aux familles sans qu’un débat préalable ait été organisé en commission Éducation avec les élus municipaux.
Nous avons donc officiellement interrogé la Ville.
Dans sa réponse écrite à notre groupe, la municipalité confirme qu’un travail est engagé sur l’adaptation de la carte des secteurs scolaires impliquant la fermeture de l’école Hélène-Boucher. Elle précise également qu’une commission doit examiner le dossier en novembre, avant une présentation au Conseil municipal en décembre.
Autrement dit : la fermeture est aujourd’hui l’orientation retenue par la municipalité, mais elle n’a pas encore été votée par le Conseil municipal.
C’est précisément maintenant que les alternatives doivent être examinées.
Les parents ont demandé un moratoire : la Ville l’a refusé
Les représentants des parents d’élèves et le collectif mobilisé ont demandé un moratoire, la communication des données utilisées et l’étude de scénarios alternatifs.
La Ville leur a répondu qu’elle ne donnerait pas suite à la demande de moratoire. Elle considère qu’un report fragiliserait la préparation de la rentrée 2027 et prévoit de réorienter les élèves vers d’autres écoles de proximité, notamment des établissements disposant de locaux neufs ou récemment rénovés.
Nous comprenons évidemment la nécessité d’anticiper une rentrée scolaire.
Mais anticiper ne signifie pas renoncer à comparer les solutions.
Nous avons saisi le DASEN
Nous avons saisi le Directeur académique des services de l’Éducation nationale afin de connaître précisément ses projections d’effectifs, de savoir si la fermeture complète d’Hélène-Boucher est réellement nécessaire du point de vue des moyens scolaires et si un scénario de maintien d’une école redimensionnée a été étudié.
Il faut en effet distinguer les responsabilités : l’Éducation nationale décide des ouvertures et fermetures de classes et de l’affectation des moyens enseignants ; la suppression d’une école publique relève, elle, de la commune et du Conseil municipal.
Nous avons notamment demandé :
- quelles projections d’effectifs sont retenues pour 2027 et les années suivantes ;
- si l’Éducation nationale considère que la fermeture complète de l’école est nécessaire ou si elle raisonne seulement sur le nombre de classes et de postes ;
- si une Hélène-Boucher redimensionnée pourrait rester viable ;
- si différentes hypothèses de carte scolaire et de sectorisation ont été étudiées ;
- quelles seraient les conséquences de la fermeture sur les autres écoles columérines.
Le DASEN nous a indiqué qu’il allait se rapprocher de la Ville et qu’une rencontre nous serait proposée afin de répondre aux questions relevant des compétences respectives de l’Éducation nationale et de la commune.
Nous attendons cet échange.
La démographie ne suffit pas : il faut aussi regarder la carte scolaire
C’est un point essentiel.
Le nombre d’enfants accueillis dans une école ne dépend pas uniquement du nombre de naissances dans un quartier.
Il dépend également de la carte scolaire, des rues rattachées à chaque établissement, des secteurs dits « flex », des dérogations et des choix d’affectation.
Nous demandons donc que soient rendues publiques, sur plusieurs années :
- l’évolution du nombre d’enfants domiciliés dans le secteur Hélène-Boucher ;
- le nombre d’enfants effectivement affectés à Hélène-Boucher ;
- les affectations vers d’autres écoles dans le cadre des zones flex ;
- les dérogations entrantes et sortantes ;
- les modifications successives des secteurs scolaires ;
- les projections d’effectifs pour 2027, 2028, 2029 et 2030 ;
- les conséquences des différents scénarios sur les écoles voisines.
La municipalité met notamment en avant le fait que les demandes de dérogation vers Hélène-Boucher auraient été acceptées.
C’est une donnée utile, mais elle ne répond pas à toute la question : une dérogation et une affectation dans une zone flex ne sont pas la même chose.
Avant d’affirmer qu’une école n’a plus suffisamment d’élèves, il faut donc pouvoir mesurer séparément l’effet de la démographie et celui des choix successifs de sectorisation.
Une école, ce n’est pas seulement un nombre d’élèves
Réorganiser la carte scolaire ne peut pas être uniquement un exercice comptable.
La taille des établissements, la proximité avec les familles, la stabilité des repères et la relation entre parents, enseignants et enfants comptent également dans la qualité éducative.
Les travaux de l’OCDE montrent que les structures scolaires de plus petite taille peuvent favoriser des relations plus étroites entre élèves et enseignants, une plus grande implication des parents, des liens plus forts avec la communauté locale et un sentiment d’appartenance plus important. La taille n’est évidemment pas le seul critère de qualité d’une école, mais elle n’est pas non plus pédagogiquement neutre.
Hélène-Boucher est aussi une école de quartier.
Sur ce site se trouve la crèche municipale Hélène-Boucher, juste en face, il y a également la crèche du Château d'eau. À proximité immédiate se trouvent également la résidence La Pradine pour personnes âgées et différents acteurs associatifs et sociaux, dont l’YMCA.
Ce secteur rassemble ainsi des enfants, des familles, des seniors, des associations et des activités de proximité.
Une école participe à cette vie quotidienne. Elle crée des habitudes, des rencontres, des liens entre générations et contribue à faire vivre un quartier.
Fermer Hélène-Boucher ne consiste donc pas seulement à déplacer 245 élèves d’un bâtiment vers d’autres. Cela modifie durablement un équilibre de proximité.
C’est aussi pour cette raison que nous voulons étudier une école Hélène-Boucher redimensionnée et à taille humaine, plutôt qu’une concentration automatique des enfants dans des établissements plus importants.
Notre proposition : une école primaire Hélène-Boucher redimensionnée
Nous ne proposons pas de faire comme si rien n’avait changé.
Nous proposons d’étudier sérieusement une autre voie.
Dès 2021, dans les échanges intervenus autour de l’avenir du groupe scolaire, une restructuration permettant de supprimer les bâtiments modulaires et de conserver l’école dans ses bâtiments en dur avait déjà été évoquée.
Cette possibilité mérite aujourd’hui d’être réellement étudiée.
Nous proposons trois choses
1. Retravailler la carte scolaire avec les parents, les personnels des écoles et l’Éducation nationale.
Il faut tester plusieurs répartitions des secteurs et des zones flex afin de connaître précisément les effectifs qu’aurait Hélène-Boucher dans chaque scénario.
2. Étudier une école Hélène-Boucher redimensionnée dans ses bâtiments en dur, sans modulaires ni Algecos.
Une école adaptée aux effectifs réels, à taille humaine, plutôt qu’un maintien artificiel de capacités devenues inutiles.
3. Publier les projections et comparer objectivement les scénarios avant toute fermeture.
Effectifs, nombre de classes, travaux, coûts, déplacements, périscolaire, conséquences sur les autres écoles : les différentes options doivent être comparées avec les mêmes critères.
Près de 70 millions d’euros investis dans les écoles : et Hélène-Boucher ?
Dans sa réponse à notre groupe, la municipalité rappelle avoir consacré près de 70 millions d’euros à la construction, à la réhabilitation et à la modernisation du patrimoine scolaire au cours des deux derniers mandats. Elle cite notamment d’importantes opérations sur Lamartine, Jules-Ferry, Alain-Savary, George-Sand, Lucie-Aubrac et Simone-Veil.
Hélène-Boucher a bénéficié de travaux ponctuels, mais elle ne figure pas parmi ces grandes opérations de rénovation.
Cela pose une question simple :
quel serait aujourd’hui le coût réel d’une rénovation d’Hélène-Boucher redimensionnée, comparé au scénario de fermeture et à la redistribution de ses élèves ?
À ce stade, nous n’avons pas connaissance d’une comparaison complète et publique de ces deux scénarios.
Nous soutenons la mobilisation des parents
Les parents d’Hélène-Boucher défendent leur école, leurs enfants et un service public de proximité.
Nous soutenons leur demande pour qu’une véritable alternative soit étudiée avant toute décision irréversible.
Notre rôle d’élus n’est pas de promettre qu’il est possible de maintenir chaque classe indépendamment de l’évolution démographique.
Notre rôle est de nous assurer que toutes les solutions raisonnables ont été examinées avant de supprimer une école de quartier.
Nous continuerons donc à demander les chiffres, à rencontrer les acteurs concernés et à travailler avec les familles et les personnels.
La baisse démographique est une réalité.
La fermeture d’Hélène-Boucher est un choix d’organisation.
Avant de le rendre définitif, comparons réellement les alternatives.
Les élus Ambitions Colomiers : Rachel Lafenêtre, Isabelle Antkowiak, Thomas Lamy, Eric Kaczmarek, Claude Berthollet et Jean Begni

